
1984 Opéra Rock LIVRE MUSICAL
28 chansons, mises en scène en 52 pages d’illustrations, de paroles et de narration, accessibles via QR code pour une immersion totale entre lecture et écoute ! Soutenue par l’association Cré’Action, la diffusion du livre musical va permettre préparer la suite du projet vers le film d’animation.
Pourquoi cette idée d'adaptation musicale ?

Adapter 1984 en Opéra Rock pourrait sembler être un défi presque absurde.
Pour le relever, j'ai voulu faire résonner par la musique cette dystopie (ou satire) , lui donner une voix, et par la puissance du chant, obtenir une dimension émotionnelle exacerbée. Chaque chanson a été composée comme une scène de film : chacune a son identité, son style, sa dramaturgie sonore. La conception des textes était un défi encore plus élevé. Il fallait respecter le caractère, les forces et faiblesses de chaque personnage, singulariser leur élocution respective avec des éléments de langage identifiables.
Et comme pour une recette de cuisine, on saupoudre tout cela avec des arrangements soulignant délicatement l'évolution de l’état psychologique des personnages. Ainsi, la musique ne commente pas l’histoire. Elle la traverse.
La genèse du projet
J'ai lu 1984 à l'âge de 15 ans. Et ce livre m'a totalement bouleversé. 30 ans plus tard, fort de mes expériences en termes de production de spectacles, de concerts, d'écriture de chansons, d'orchestrations et après la sortie de plusieurs albums et plus de 80 chansons créées, je me suis lassé de mon processus créatif. Je me suis mis à chercher une idée originale et ambitieuse, un vrai challenge qui pourrait me faire écrire autrement. En 2015, j'ai marqué sur la dernière page d'un petit carnet : 1984 Opéra Rock
Continuant mes tournées en tant que musicien et me sentant incapable de commencer cette entreprise, tant l'objectif semblait hors de portée et "prétentieux", je n'ai commencé à écrire qu'à partir de 2019… une seule chanson. Le vrai point de départ se situe en fin 2020.
"Merci" le confinement : la suppression des tournées m'a permis d'écrire 18 chansons en 8 mois. Et grâce à ce socle, les 10 autres ont suivi très vite. Fin de la période d'écriture en décembre 2022
28 chansons - 1h35 d'histoire immersive
A partir de 2017, j'ai relu le roman original plusieurs fois, en annotant des idées à tout bout de champ. J'ai étudié ensuite les analyses du roman faites par des journalistes ou des philosophes, les diverses biographies de l'auteur… et j'ai fini par lire toute l'œuvre de Georges Orwell.
Il était important pour moi de construire un scénario qui soit logique, déclinable en spectacle, concert, cinéma-concert et film d'animation.
Il était déterminant aussi de respecter l'histoire originale et les thématiques qui y sont développées : le totalitarisme, la guerre, la haine, la manipulation de l'information, la surveillance des masses, les concepts proscrits et peu à peu effacés tels que l'amour, la famille, la religion, et bien sûr, le "novlang", langage imposé, destructeur de mots "inutiles" et réducteur de pensées rebelles. (Et là on se dit : "Mais pour qui je me prends ? Je ne vais jamais y arriver." )
Et puis petit à petit ça s'est construit, vers par vers, chanson par chanson, dans un désordre imposé par l'inspiration ou l'émotion du moment. Je savais déjà que cela nécessiterait beaucoup d'années de travail, de patience et de résilience. J'ai porté seul ce projet au départ mais mon entourage proche a été déterminant pour arriver au bout de ce chemin, parsemé de doutes et d'euphories.
Une chose était évidente pour moi : mettre en valeur l'histoire d'amour du roman.
… La dernière histoire d'amour.




Les textes
C'était évidemment l'étape la plus délicate.
Écrire des chansons sans y impliquer ma propre personne : quelle sensation !
Écrire sans descriptions, seulement à travers les pensées du personnage. (exemple : "Je me balade dans la rue sombre de la ville extérieure" devient "Les odeurs s'invitent aux sentiments, les rues me rendent des souvenirs (…), j'avance.") Une nouvelle expérience d'écriture. Passionnant.
Écrire et faire sortir les mots de la bouche d'un assassin ou bien une épopée musicale où l'un des chanteurs torture l'autre, par des mots oscillant entre sadisme et bienveillance, ou encore décrire la rencontre amoureuse dans une ambiance oppressante, où le concept même de l'Amour n'existe plus, voilà qui fut pour moi une expérience parmi les plus enrichissantes dans ma vie d'auteur.
La musique
Concernant la composition, il y a un aspect sur lequel je me suis toujours senti dans mon élément : la liberté dans la structure, la durée, le style des morceaux. Les rythmes se diversifient en fonction des personnages, des situations et des événements au fur et à mesure de l'histoire, ceci afin de maintenir l'attention de l'auditeur. Cela donne un rendu parfois pop, rock, latino et même – la situation s'y prêtant – électro.
Pour cela aussi, j'ai écouté attentivement un maximum d'opéras, de comédies musicales et autres créations musicales, l'intérêt étant de comprendre leurs constructions dramatiques et les moments clés qui vont avec.
J'ai aussi appris par ce biais à bien comprendre et distribuer les rôles en fonction des tessitures de voix. Les intervenants m'ont apporté par la suite une dimension supplémentaire dans la narration. Ils ont donné le meilleur (ou le pire quand c'était nécessaire) d'eux-mêmes.
Mais quelle bande d'artistes ! Outre moi-même qui interprète Winston, les voici donc :
Julia……….…………..………................. Eva ROGER
L’Antiquaire……………..……… Johann NICOL
O’Brian………………… Patrice HERNANDEZ
Le Vieux…………………………Jonathan SAISSI
Homme du Parti…....... Jonathan SAISSI
Syme………………...….. Laurent DENCAUSSE
Coach sportif………..……. Nathalie ROGER
Femme sur cour ......… Virginie BOULIN








Patrice HERNANDEZ
O'Brien
Nicolas ROGER
Winston
Eva ROGER
Julia
Laurent DENCAUSSE
Syme
Jonatan SAISSI
Le Vieux / Porte-parole du parti
Johann NICOL
Charrington
Du Storyboard au LIVRE
Une fois les morceaux terminés, enregistrés, mixés et masterisés, je me suis demandé comment j'allais pouvoir "vendre" ça. Comment intéresser une production, un metteur en scène, voire – soyons fous – un cinéaste spécialisé dans le film d'animation ?
Avec Thierry Maurel, illustrateur, on a commencé à travailler sur un storyboard destiné à la mise en scène d'un spectacle. Je lui ai donc fait parvenir des dessins grossiers à main levée qu'il a fait évoluer vers des croquis plus élaborés. Une fois sa mission terminée, je me suis intéressé à l'IA qui émergeait à ce moment-là auprès du grand public. Il s'est révélé pour moi un outil précieux dans l'élaboration de ces illustrations.
J'avais fini de payer l'illustrateur et le mastering en studio, j'avais défrayé les chanteurs/comédiens intervenants et j'avais consacré des centaines, voire des milliers d'heures sur l'écriture, la réalisation et le mixage de l'œuvre audio. Je n'avais plus de moyens pour aller plus loin.
Je me suis donc mis à étudier l'IA, à comprendre son fonctionnement et à la maîtriser afin qu'elle se plie à des objectifs bien précis. Je ne voulais pas du côté hasardeux et fade de l'IA (surtout en 2023). J'ai voulu ainsi qu'elle ne fasse partie que d'une seule étape dans le processus créatif.
Pour faire simple, voici les étapes : Dessin à la main -> croquis au fusain – génération IA à partir du croquis (en limitant la créativité de l'IA à un pourcentage bas) -> grosses corrections des défauts générés (hallucinations) + assemblage des différentes versions et étalonnage avec Gimp ou Photoshop.






